Quel chien adopter dans un refuge ?

1- Prenez le temps de la réflexion avant d’adopter un nouveau compagnon !

Une photo et un descriptif sur internet ne suffisent pas pour réussir une adoption.

Il vaut mieux prendre le temps de vous rendre dans un des 260 refuges de la confédération pour trouver votre futur compagnon. Évidemment, voir tous ces chiens derrière des barreaux va surement vous toucher mais avant de laisser parler votre sensibilité, il ne faut pas se précipiter.

Prenez le temps de réfléchir, d’observer et de vous renseigner. Il faut absolument demander conseil à un agent animalier ou à un bénévole chevronné du refuge pour repérer le chien qui vous ira comme un gant. Cet agent va chercher à savoir quel animal adapter à vos conditions de vie. Il pourra vous orienter en vous donnant des éléments d’informations importants sur les chiens qu’il connaît bien. N’hésitez pas à revenir dans un refuge plusieurs fois avant de faire votre choix. Si vous avez déjà un chien, venez avec lui pour savoir comment il va réagir avec ce nouvel animal. Et lorsque vous aurez enfin adopté le chien qui vous a plus, il faudra encore de nombreuses heures à lui consacrer pour qu’il s’adapte à votre nouvel environnement. Il faudra aménager votre temps libre et passer pas mal de temps avant qu’il ne devienne le chien idéal…

2. L’âge du chien à adopter est en rapport avec l’activité que vous pourrez lui donner…

Ce n’est pas une honte de dire que lorsque l’on vieillit on a moins d’énergie. Ce principe s’applique aussi bien aux chiens qu’aux humains. Il ne faut pas l’oublier si vous pensez adopter un chiot ou un jeune chien. Pendant de nombreux mois, il va vous falloir lui apprendre des règles de conduite et donner beaucoup d’énergie dans l’apprentissage de sa nouvelle vie. C’est pourquoi, certains responsables de refuges ne souhaitent pas confier des chiots à des personnes très âgées. Sophie Carrière, Présidente de la SPA de Mornac près d’Angoulême, par exemple, nous explique le problème : « On a eu des retours de chiens confiés jeunes à des personnes âgées qui n’ont pas le temps, la force et la patience d’éduquer un chien et qui forcément va revenir à un moment donné. »

Que vous soyez vieux ou jeune, si vous préférez passer beaucoup de temps dans un canapé, plutôt que de gambader, mieux vaut prendre un chien âgé. Annie Benezech, la Présidente du refuge SPA de Montpellier l’explique très bien : « Le vieux chien, on a pas besoin de le promener trois heures par jour. Il va falloir le promener mais avec beaucoup moins de vivacité qu’un jeune chien. Un vieux chien a une psychologie de pépère tranquille. Il va être vite sociable avec son nouveau propriétaire comme s’il le connaissait depuis toujours. »

Comme toujours, n’hésitez pas à interroger les responsables des refuges qui connaissent bien leurs animaux. « Si on a des chiens plutôt tranquilles, on ne va pas les faire partir avec des gens sportifs. En revanche, certains de nos chiens ont besoin de courir. Il leur faut des propriétaires qui font de l’exercice » explique Ludivine Chapignac, administratrice du Refuge Saint-Roch à Valence. En fait, le secret d’une adoption réussie c’est l’activité. Il ne faut pas croire que le besoin d’exercice est lié à la taille. Certains petits chiens ont plus de vivacité que certains gros pépère et avoir un jardin ne changera rien à l’affaire. Pour le comprendre, il suffit de regarder Youyou. Malgré ces six kilos tout mouillés, elle a besoin de se dépenser. Chaque jour elle parcourt avec moi des kilomètres. N’oubliez donc pas, avant d’adopter un chien, de réfléchir à l’exercice que vous pourrez lui donner. C’est une condition indispensable à la réussite de votre adoption.

3. Un chien de refuge : ça coûte combien ?

Peut être vous dites vous qu’en faisant une adoption vous allez trouver un chien « pas cher », une sorte de « chien d’occasion » ? Un cador en or qui vous donnera le moyen de faire des économies tout en faisant une bonne action ? Et pourquoi pas ? Le prix d’un chien de race vendu par un éleveur (1000 euros en moyenne) peut faire peur en comparaison des frais d’adoption que vous demandera une des 260 associations de la Confédération.

Dans un refuge, comme celui de Châtellerault par exemple, on vous demandera 150 euros pour l’adoption d’un chien adulte. C’est vraiment peu pour un animal vacciné en bonne santé, pucé et la plupart du temps stérilisé. Attention, toutefois, le coût d’un chien ne se limite pas à son prix d’acquisition. Il va falloir entretenir cet animal pendant plusieurs années. C’est pourquoi, même dans un refuge, on va chercher à savoir si vous avez des moyens financiers.

De 40 à 120 euros pour entretenir un cador !

Et l’argent, il va en falloir pour nourrir, soigner et donner de l’activité à votre nouveau protégé ! Selon Francoscopie qui étudie le mode de vie des Français, un chien coûte de 500 à 1300 euros par an à son propriétaire. D’un autre coté, à notre avis, ce n’est pas plus cher qu’un smartphone dernier cri qui a moins de sensibilité qu’un animal de compagnie.

4. Quel format de chien choisir ?

Pour bien choisir un chien dans un refuge, il faut se poser la question du format car il y a dans l’espèce canine une multitude de mensurations et d’origines. La sélection du chien n’est pas qu’une affaire de taille. Certaines races de chiens sont sujettes à des frais vétérinaires élevés. Il vaut mieux en être informé.

Avant d’adopter un chien, commencez par bien regarder son nez car, l’air de rien, le chien n’a que ça pour respirer. Joëlle Wermuth, Docteur Vétérinaire au refuge de Strasbourg nous l’explique :« les brachycéphales, les chiens qui ont un museau court et aplati ont souvent un voile du palais trop long, une sténose des narines, une trachée trop étroite. Ce sont des chiens qui, presque toujours, vont devoir être opérés pour élargir les narines et raccourcir le voile du palais. Cela va forcément entrainer des coûts ». Si vous le savez et que vous adorez les bouledogues ou les carlins, cela ne doit pas vous empêcher d’en adopter un.

 

Les yeux sont également à surveiller. Ce n’est pas parce que vous allez dans un refuge qu’il faut choisir un animal qui les a larmoyants. Certains chiens peuvent avoir des problèmes oculaires comme la keratite sèche qui vont generer des soins à vie. La scientifique nous explique les choses ainsi : « la kérato-conjonctivite sèche n’est pas lié forcément un problème de forme d’œil. Quand un chien a l’œil qui coule, qui a la sclère et les conjonctives rouges, il faut vérifier si il n’a pas ce type de pathologie »

Qu’ils aient des poils ou non, certains cadors ont la malchance d’avoir des problèmes de peau. Une pathologie génétique qui porte le joli nom d’atopie.

Tous ces problèmes physiques, vous ne les verrez pas si vous prenez un chiot. L’avantage dans un refuge, c’est que les animaux ont fini leur croissance. « Le plus souvent, le chien, dans un refuge, est adopté adulte ce qui permet de savoir s’il a une dermatite atopique alors que c’est une chose que l’on ne sait pas chez un chiot de 2 mois que vous prendrez chez un éleveur » confirme Joëlle Wermuth. « L’avantage de prendre un chien adulte est de connaître son caractère. Le désavantage, bien sûr, c’est qu’il peut avoir souffert de mauvais comportements humains mais le plus souvent c’est positif. On voit à quel type d’animal on a à faire aussi bien au niveau santé qu’au niveau du comportement. »

Il n’y a pas que dans sa tête qu’un chien doit être équilibré. Les chiens disproportionnés ont tous la particularité de vieillir avec difficulté. Choisir un toutou qui a un enorme corps et des micros pattes c’est original mais parfois en vieillissant c’est plus embêtant. Pour conclure, la vétérinaire nous confie avec le sourire qu’ « avoir un chien très très long, c’est un peu comme avoir une table qui serait très longue avec des touts petits pieds. Si on la surcharge, elle va bien moins tenir… »

Alain Lambert

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