LE COLONEL FOMBONNE, NOUVEAU PRÉSIDENT DE LA SPA, MONTE AU CRÉNEAU !

Par Alain Lambert

Le nouveau Président est un homme charmant ! Voilà ce que j’ai pensé après avoir passé deux heures avec lui, le 18 septembre 2018. Le colonel Jacques Charles Fombonne m’a accueilli à bras ouverts au siège de la SPA et m’a fait vivre un excellent moment. Bienveillant, beau parleur mais pas hâbleur, le nouveau commandant de la Société Protectrice des Animaux est un personnage particulièrement brillant. J’étais pourtant entré avec réticence dans l’hôtel particulier du boulevard Berthier car l’expérience m’a appris à me méfier de ce qu’on pouvait y trouver. Dans ce lieu, en 2004, j’avais été attaqué par un peloton d’administrateurs commandé par Virginie Pocq Saint Jean. A l’époque, je fanfaronnais parce que j’avais créé un studio photo et un site internet dans le vieux bastion de Gennevilliers. Je m’attendais à des félicitations pour ce que je croyais être une bonne action et j’avais eu droit à une exécution. Je me rappelle encore des salves de l’administratrice comme si c’était hier : « Ce que vous faites est une honte Monsieur Lambert ! Vous montrez des beaux animaux à adopter sur internet alors que là-bas c’est la misère ! »

Cette fois-ci, dans les paroles du nouveau Président, pas de reproche ou de rancœur, une volonté manifeste de connaître mon parcours et mes valeurs. Alors que j’avais, il y a 35 ans, tout fait pour me faire réformer, je me surprenais à penser qu’avec un tel chef, j’aurais peut-être fait une belle carrière dans l’armée. Je n’étais plus dans un hôtel particulier du XVIIème arrondissement, j’étais dans le château de la Belle au bois dormant…

LES « HOSTILITÉS » DÉCLENCHÉES PAR DES ENNEMIS « QUI VIENNENT DE L’EXTÉRIEUR » !

Malheureusement, l’enchantement n’a duré que dix jours. Il s’est dissipé lorsque j’ai ouvert le Parisien du 28 septembre 2018.

JCFombonne

 

Le colonel avait pris les armes pour défendre le château de la Belle. Pour expliquer les ennuis de la princesse Natacha et de la régente Michèle, il tirait à bras raccourcis sur l’ennemi. « La violence n’a pas grandi ceux qui ont déclenché les hostilités. » Quand j’ai lu cette phrase dans le journal, j’ai compris que le commandant avait choisi de monter au créneau. « Les problèmes viennent de l’extérieur, de personnes parties de la maison, il ne vous aura pas échappé que le directeur a été renvoyé. Il me semble que la tempête a fait plus de bruit que de dégâts. » Un joli tir d’arbalète vers Joël Pain, le lanceur d’alerte ! Celui qui a dénoncé les pratiques douteuses de Natacha Harry a dû apprécier ce trait sans appel… Moi aussi d’ailleurs, puisque quelques jours auparavant, j’expliquais au colonel la grande valeur de l’ancien directeur qui avait sacrifié son emploi pour dénoncer les agissements de la Présidente. Dans l’article du Parisien, tout le monde en a pris pour son grade, Céline Ravenet, la directrice licenciée du refuge d’Hermeray, soutenue par des milliers d’adoptants a dû également apprécier les propos la concernant : « Le refuge d’Hermeray (Yvelines) est visé par une enquête. Ce que je peux vous dire, c’est que la SPA a porté plainte entre autres à cause de taux d’euthanasies beaucoup plus élevés que partout ailleurs ». Une petite phrase assassine qui ne correspond en rien à la réalité du travail exceptionnel qu’a accompli la directrice du refuge pendant 20 ans. J’avais pourtant dit au nouveau commandant à quel point le licenciement de la directrice était une catastrophe pour le refuge d’Hermeray*. J’avais tenté, avec mes mots de vilain manant, de mettre en avant le système de vases communicants qui existe entre les refuges et les fourrières. Soit, le colonel, n’a rien compris à mon explication (j’en doute) soit, sa façon d’être grand consiste, comme Natacha Harry, à pratiquer l’art subtile de l’hypocrisie…


MOINS D’ADOPTIONS DANS UN REFUGE, C’EST PLUS D’EUTHANASIES DANS LES FOURRIÈRES!

Depuis le départ de Céline Ravenet du refuge d’Hermeray le 2 mai 2018, la nouvelle politique mise en place par la direction de la SPA a généré des conséquences catastrophiques. Le refuge refuse la plupart des abandons et surtout ne récupère plus les chiens et des chats des fourrières environnantes. Depuis 6 mois, par exemple, aucun chien ou chat de la fourrière d’Amilly (28) n’a été transféré alors que l’ancienne directrice en récupérait une dizaine par semaine pour les faire adopter. Autre exemple, les chiens créoles qui ont été accueillis par milliers par Céline Ravenet ne sont quasiment plus transférés vers le refuge. Tout cela génère des euthanasies en masse dans les fourrières. Elles ne sont pas comptabilisées dans les statistiques du siège puisque les organisations qui gèrent ces animaux ne font pas parties de la SPA. En matière d’adoption, les chiffres d’Hermeray sont également très éloquents: En octobre 2017, Céline Ravenet avait fait adopter 108 chiens et 61 chats, en octobre 2018, la nouvelle direction a placé 36 chiens et 45 chats… Depuis le départ de l’ancienne directrice (de mai à octobre 2018) le refuge en a placé 414  alors que pour la même période en 2017, Céline Ravenet avait fait adopter 842 chiens et chats. Inutile d’avoir fait Saint Cyr pour comprendre que les centaines d’animaux en moins ont fini en grande partie au paradis !


L’HÔTEL PARTICULIER DU BOULEVARD BERTHIER : UN CHÂTEAU DE CONTE DE FÉE !

Depuis 20 ans, j’ai constaté à quel point le monde des refuges SPA est dur et sans concession. Je n’avais pas compris que derrière les murs cet hôtel particulier des beaux quartiers, la protection animale était un conte de fée où « Les bénévoles comme les salariés travaillent heureux » La journaliste du Parisien remarque d’ailleurs que dans « ce drôle de siège » les oiseaux vivent en liberté et que les chiens des collaborateurs aboient gaiement. Visiblement dans cet endroit privilégié le colonel explique que « la cause animale que l’on défend ici nous plaît et nous unit. » Cette phrase qui fleure bon la communication institutionnelle aurait pu être prononcée mot pour mot par celles qui ont dirigé la SPA auparavant. Pas étonnant qu’il ajoute plus tard « Je n’ai pas été élu. Je suis président par intérim jusqu’à juin 2019. Avec le désir de me présenter ensuite, certes, mais pour l’heure je reste dans la ligne précédente.«  Pourtant la volonté du colonel de « rester dans la ligne précédente » est désespérante compte tenu du lourd passif des dirigeantes qui l’ont précédé.


Lors de mon long entretien du 18 septembre, j’ai pu lui poser toutes ces questions :

  • Allez-vous faire cesser la guerre fratricide entre les SPA et favoriser une collaboration avec les 260 refuges de la confédération ?
  • Allez-vous rapidement créer le comité d’éthique prévu par les statuts de l’association ?
  • Allez-vous mettre en place un véritable système d’appel d’offres à la SPA pour éviter le copinage avec des prestataires de services et les conflits d’intérêts au profit de grands groupes industriels ?
  • Chaque année des sommes de plus en plus importantes ont été dépensées par la SPA pour faire du marketing et de la communication (4.3 millions en 2013, 4.8 millions en 2014, 5.1 millions en 2015, 7.1 millions en 2016, 6,8 millions en 2017) . Allez-vous utiliser autant d’argent pour la communication de la SPA en 2018 ? (7.6 millions d’euros selon le budget prévisionnel ?)
  • Plus de 500 000 euros ont été versés par la SPA à la société Image 7 pour payer Madame Salomon, une « conseillère » qui n’a quasiment jamais mis les pieds dans un refuge en 5 ans. Allez-vous vous passer de ces conseils dorénavant ?
  • Il n’y a plus de directeur général et de directeur financier depuis de nombreux mois à la SPA ce qui laisse la direction technique dans les mains de personnes qui, à notre avis, manquent cruellement de compétence ou d’expérience. Pouvons-nous espérer, de votre part, une véritable restructuration de la direction de l’association ? Une restructuration dans laquelle les disparités de salaires entre le siège et les agents des refuges soient moins importantes par exemple ?
  • Allez-vous demander le remboursement des sommes énormes perçues par Maitre Lebossé pendant ces trois années et demi d’administration judiciaire ?
  • Allez- vous réintégrer Céline Ravenet  la directrice du refuge d’Hermeray dans ces fonctions ?
  • En septembre 2018, Antonio Guterres, le secrétaire général de l’Onu a lancé un appel désespéré : « Si nous ne changeons pas d’orientation d’ici 2020 nous risquons des conséquences désastreuses pour les humains et les systèmes naturels qui nous soutiennent !» A l’heure où une multitude d’oiseaux (comme les hirondelles), de mammifères, de poissons, d’insectes (comme les abeilles) et des centaines d’espèces sauvages disparaissent… A l’heure où chaque jour des millions d’animaux de rente sont élevés, transportés et abattus dans des conditions d’une inacceptable cruauté… Allez-vous être le président qui ne limitera pas son action aux chiens, aux chats et aux chevaux ? Agirez-vous pour que la Société Protectrice des Animaux mérite enfin son nom en élargissant son champ d’action ? Pendant ces 8 dernières années la direction de la SPA de Paris n’a rien fait (bien au contraire) pour la biodiversité. Des tonnes de papiers ont été gaspillées pour faire une communication (comme le disait madame Harry) « sans vague ». Des quantités importantes d’énergies (au propre comme au figuré) ont été dépensés pour mettre en avant une vision rétrécie de la protection des animaux. Cela va-t-il changer ?

Le sympathique Colonel n’a pas souhaité que j’enregistre ses explications. Ne vous inquiétez pas, les réponses à ces questions ne resteront pas dans les oubliettes du château ou dans un donjon…


 

 

 

 

 

 

 

 

 

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