A Strasbourg, la SPA de Paris « tape » les passants alors qu’elle n’a aucun refuge dans le département !

Par Alain Lambert

La première question que j’ai posée au nouveau Président de la SPA de Paris lorsque je l’ai rencontré en septembre 2018 a été la suivante : Allez-vous faire cesser la guerre fratricide entre les SPA et favoriser une collaboration avec les 260 refuges de la confédération ? Il m’a répondu, avec une périphrase, qu’il n’avait pas d’intention belliqueuse envers les autres SPA. Il a même été question d’organiser une rencontre avec ces associations pour travailler en commun pour la cause animale. Malheureusement, cette bonne volonté a fait place à une posture bien plus agressive. Pour commencer l’année 2019, le Colonel Fombonne n’a rien trouvé de mieux que de valider une campagne de recherche de legs et de dons en Alsace alors que l’association qu’il dirige n’a strictement aucune implantation dans le Bas-Rhin et le Haut-Rhin.

Le colonel Fombonne fait la cour aux notaires alsaciens en discréditant les autres SPA.

Le Colonel qui ne connaissait strictement rien, il y a encore 6 mois, à l’histoire des SPA s’est transformé en donneur de leçon en matière de protection animale. Voilà ce qu’il écrit dans un courrier destiné aux notaires alsaciens pour discréditer les autres SPA : « La multiplication des SPA entretient une confusion dans l’esprit des testateurs. Elle engendre parfois des difficultés d’interprétation, sources de contentieux et de retard dans les successions. Pour votre parfaite information, sachez que, récemment, un arrêt rendu par la cour d’Appel de Paris, en date du 30 mars 2018, a prononcé la nullité de la marque « SPA de France » utilisée par l’association Défense de l’Animal, et l’a reconnue coupable d’acte de concurrence déloyale au préjudice de la SPA . A ce jour, de nombreux refuges continuent à se prénommer « SPA de… » sans avoir de lien avec nous. »

Visiblement, le nouveau crémier du boulevard Berthier, veut le beurre, l’argent du beurre mais pas les refuges et les fourrières… car ce qu’il oublie de préciser dans son courrier c’est qu’une organisation comme la SPA de Strasbourg créée en 1878 n’a pas moins de légitimité à s’appeler « Société Protectrice des Animaux » en Alsace que son association qui ne protège pas le moindre chien, chat, cheval ou hérisson dans les 8280 km2 du territoire alsacien. « Dans la droite ligne de Natacha Harry » qui l’a fait entrer au conseil d’administration, le nouveau président de la SPA Parisienne applique une politique de recherche de financements sans état d’âme, dangereuse pour tous les autres acteurs de la protection animale. Il n’a pas le moindre scrupule à aller racler des fonds hors de ses terres et mettre en péril les finances des refuges alsaciens.

Des troupes au sol pour taper les passants …

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Du 3 janvier au 4 février 2019, par exemple, dans la métropole alsacienne, des fantassins recrutés par ONG Conseil, une société spécialisée, tentent de faire signer des promesses de dons qui n’iront jamais dans les caisses des associations de protection animale du département. Cela n’empêchera donc pas les jeunes recrutés de faire la promotion d’une SPA « nationale » (une appellation fantaisiste qui elle aussi est particulièrement « déloyale ») ! Pour 13 euros 31 brut de l’heure et des tickets restaurant à 9 euros, les étudiants en CDD doivent vanter les mérites de la grosse association parisienne pour récupérer des donateurs réguliers. Les tickets restaurant ne seront peut être pas vraiment nécessaires vu que les quêteurs risquent de faire une indigestion suite aux réflexions des alsaciens qui connaissent l’affaire…

Le vendredi 4 janvier, nous sommes allés place Kléber nous faire harponner par ces gentils jeunes gens pour savoir ce qu’ils disaient aux passants. Ça valait le déplacement ! Pour décrocher des donateurs réguliers, les représentants de la SPA, n’ont pas hésité à donner des informations plus qu’approximatives voire à mentir effrontément. Ils ont parfaitement réussi, comme aime à dire leur Président, à « entretenir la confusion« . L’un expliquait sans rigoler que la SPA « était sur le territoire français en entier » ( en réalité, elle n’est présente que sur 43 des 101 départements français) ou qu’ « il n’y a pas de SPA riches et de SPA pauvres » et que les dons faits par les Strasbourgeois  « bénéficient à toutes les SPA de France« . Rien que cela ! Une autre solliciteuse explique qu’elle est « bénévole à la SPA de Strasbourg » mais qu’elle travaille pour « SPA France  » et rassure la passante en affirmant que « les comptes de la SPA nationale sont vérifiés au moins quatre fois via le préfet de Paris et le ministère de la jeunesse et des sports… »

A coup sûr, les SPA de Colmar, Haguenau, Moyenne Alsace, Mulhouse ou Strasbourg vont apprécier les affirmations du Colonel Fombonne et de ses représentants rémunérés pour l’opération. Au delà de cette pratique de marketing de rue peu élégante, il serait intéressant de savoir combien la société ONG conseil a pris d’oseille pour une opération pareille… une vraie merveille !

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